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MANIFESTATIONS

" faire du 1er mai
un nouveau temps fort
de mobilisation "



Tous les syndicats vont manifester côte à côte le 1er mai, ce qui n'est jamais arrivé lors d'une Fête du Travail, pour exiger à nouveau du gouvernement des mesures en faveur des salariés touchés par la crise, un mois et demi après la mobilisation réussie du 19 mars.


Des représentants de la CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et de l'Unsa en ont décidé ainsi lundi, tentant d'entretenir une mobilisation qui a vu entre 1,2 et 3 millions de personnes descendre dans les rues le 19 mars, un record sous la présidence de Nicolas Sarkozy.


Dans la matinée, les dirigeants des cinq principales centrales syndicales, reçus à l'Elysée par Nicolas Sarkozy avant le G-20 Londres, lui avaient rappelé qu'ils attendaient rapidement "des mesures plus concrètes, plus favorables aux salariés", selon Bernard Thibault (CGT).


Selon un communiqué de l'intersyndicale, "dans la suite des journée du 29 janvier et du 19 mars et dans (un) contexte exceptionnel, les organisations syndicales s'entendent pour faire du 1er mai un nouveau temps fort de mobilisation pour peser sur le gouvernement et le patronat".


D'ici là, les syndicats entendent maintenir la pression. Ils ont décidé de "faire du mois d'avril un mois de mobilisations ponctué d'initiatives visant à soutenir les actions engagées et à organiser les solidarités".

Les Huit se retrouveront le 27 avril pour évaluer "les réponses du gouvernement et du patronat" à leurs exigences et prendre le cas échéant de "nouvelles initiatives" telles qu'une "grève interprofessionnelle ou une "mobilisation un samedi", précise la déclaration commune.

Ampleur impressionnante
des grèves et des manifestations
du 19 mars


La nouvelle journée de mobilisation unitaire est incontestablement un grand succès. Le 19 mars, il y a eu plus de manifestations, plus de grèves et beaucoup plus de manifestants que le 29 janvier qui marquait déjà une mobilisation exceptionnelle.

3 millions de manifestants ont été recensés dans 219 manifestations (1)


Sur l'emploi, le pouvoir d'achat, la protection sociale …, cette mobilisation a rassemblé de manière très large des millions de salariés du privé et du public, des jeunes et des retraités.

Une nouvelle fois, la dimension unitaire de la mobilisation a contribué à sa réussite, à élever le rapport de force et à ancrer la nécessaire détermination pour rendre les revendications incontournables.

Cette journée d'action, point d'orgue d'un climat social de plus en plus alimenté par de nombreuses luttes dans les entreprises est une nouvelle étape de la mobilisation. C'est donc un événement qui interpelle très directement le gouvernement et le patronat.

Comment prétendre ignorer cette mobilisation soutenue par près de 80 % des français ?

Certainement pas en qualifiant les grévistes et les manifestants de « démagogiques » comme l'a fait la Présidente du Medef.
Certainement pas en culpabilisant les salariés en France puisque l'action syndicale est d'actualité dans plusieurs pays européens. Certainement pas en restant figé sur une politique économique et sociale de plus en plus contestée.

Certainement pas en comptant sur la division, l'usure et les provocations.

Nier l'ampleur grandissante de la mobilisation serait prendre une lourde responsabilité qui aurait des conséquences sur le climat social.

La plateforme unitaire portée par les syndicats doit sans tarder faire l'objet de négociations sérieuses impliquant l'Etat et le patronat.

Cette exigence doit continuer de s'exprimer en élargissant les initiatives d'actions dans les entreprises et les localités. Forts des mobilisations des 29 janvier et 19 mars, les salariés sont en droit d'obtenir à tous les niveaux des résultats sur les salaires, l'emploi, les conditions de travail …

Dès vendredi matin, l'intersyndicale se réunira pour examiner les futures initiatives interprofessionnelles coordonnées. La CGT y interviendra pour alimenter la dynamique revendicative en confortant l'unité syndicale.

Dans cette période lourde d'enjeux pour l'avenir des salariés, il faut renforcer le syndicalisme afin d'amplifier le courant d'adhésion à la CGT qui s'est exprimé ce 19 mars.


(1) – Le recensement de 1,2 millions de manifestants a été annoncé par la police dès 8h15 sur les radios, avant les manifestations … !


La mobilisation en Europe

Après des manifestations à Dublin, Lisbonne, en Lituanie, en Islande, des manifestations syndicales sont programmées le 28 mars à Londres, le 2 avril à Athènes, le 4 avril à Rome, puis des manifestations de portée européenne se dérouleront le 14 mai à Bruxelles, le 15 mai à Madrid et à le 16 mai à Berlin et à Prague.


Pour les syndicats, la manifestation du jeudi 19 mars est une mobilisation "réussie", plus importante en tout cas que celle du 19 janvier. Destinée à arracher de nouvelles mesures au gouvernement en faveur des salariés, elle a fait descendre dans la rue entre 1,2 million de manifestants (selon la police) et 3 millions de personnes (selon les organisateurs) contre 1 à 2 millions en janvier. Face à cette ampleur, les syndicats ont demandé au gouvernement "des réponses".

Mais le premier ministre François Fillon a réaffirmé, lors d'une intervention jeudi au journal de 20 heures de TF1, que son gouvernement n'envisageait "aucun nouveau plan de relance". Selon M. Fillon, il faut "attendre" que le premier plan de relance annoncé en décembre, d'un montant de 26 milliards d'euros, "produise ses effets". L'augmentation du smic, par exemple, n'est "pas la priorité dans une crise aussi grave", a-t-il jugé. "La priorité c'est la mobilisation pour l'emploi, c'est de sauver les emplois", a maintenu le premier ministre, estimant que "la mobilisation ne résoudra pas les problèmes de la crise mondiale".

Seule véritable annonce faite par François Fillon : la mise en place d'un comité de suivi qui se réunira chaque mois "pour vérifier que les mesures prises sont appliquées" et "efficaces". "Le cas échéant, s'il faut adapter ces mesures, on les adaptera", a-t-il fait valoir.

"SI ÇA CONTINUE COMME ÇA, LES CORTÈGES S'ALLONGERONT"

L'affluence a été très forte quasiment partout en France, dans les grandes villes comme Paris, Marseille ou Bordeaux mais aussi dans des villes moyennes comme Rennes ou Le Havre (voir la carte des manifestations ville par ville). Le cortège parisien a rassemblé entre 85 000 personnes selon la police, et 350 000 personnes selon la CGT. Agents hospitaliers, cheminots, salariés du privés, retraités, chômeurs : les cortèges étaient composés, comme le 29 janvier, d'un large éventail de catégories sociales. Les manifestants étaient plus nombreux à battre le pavé malgré un taux de grévistes moins important qu'en janvier. Selon le ministère de la fonction publique, 21,1 % des fonctionnaires ont fait grève jeudi contre environ 25 % le 29 janvier. Symbole de la colère, un millier d'employés de l'usine de pneus Continental de Clairoix (Oise), dont la fermeture est annoncée, sont allés gonfler les rangs des manifestants à Compiègne.

Les dirigeants syndicaux ont jugé, à l'instar de François Chérèque (CFDT), que le "silence complet" du gouvernement et du patronat ne devait pas être la réponse, au risque d'aggraver la crise sociale. "Qu'est-ce qui fait qu'en période de crise (...) les salariés descendent dans la rue, relèvent la tête ? C'est qu'ils ont un profond sentiment d'injustice sociale", a estimé de son côté Jean-Claude Mailly de FO. "Si ça continue comme ça, les cortèges s'allongeront", a ajouté le patron de la CFE-CGC, Bernard van Craeynest. Les huit centrales syndicales qui avaient à appeler à la mobilisation doivent se retrouver, vendredi, pour décider de la suite du mouvement. Aucun n'exclut la poursuite du mouvement. (Ecouter le portfolio sonore "On continue tant que le gouvernement ne fera pas un geste").

L'opposition, quant à elle, était également dans la rue (Voir le portfolio L'opposition mobilisée mais éparpillée). "Il est important que le gouvernement change sa politique économique, sociale et fiscale", a ainsi affirmé le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Pour Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie), Nicolas Sarkozy doit "symboliquement retirer le bouclier fiscal, la législation sur les heures supplémentaires". Refus du côté de Matignon : sur TF1, le premier ministre a de nouveau une fin de non-recevoir à cette demande. Les députés PS ont fait savoir qu'ils défendraient, fin avril, une proposition de loi visant à supprimer le bouclier fiscal et à mettre fin au système des bonus et des parachutes dorés pour les dirigeants de banques.

LE MONDE.FR     /   AFP








VIDEO




19 MARS

Les fédérations CFDT, CFTC, CGT, FO et SNB-CFECGC des banques et des sociétés financières et de bourse « appellent les salariés et les retraités du secteur à participer massivement » à cette journée. Elles avaient déjà lancé un tel appel pour le 29 janvier. « Les salariés de notre profession ne veulent pas payer la note de la crise financière », ont-elles indiqué, dans un tract commun, en demandant de « préserver l'emploi et le pouvoir d'achat dans nos professions », d'« améliorer les conditions de travail devenues insupportables » et de donner aux salariés « les moyens de rendre un service digne de ce nom à la clientèle ».
19  MARS

Vous étiez nombreux le 29 janvier dernier à faire grève et à manifester afin de faire entendre votre profond mécontentement.

Cette journée de mobilisation fut une réussite : plus de 2,5 millions de personnes dans les rues tant à Paris qu’en Province. Elle a permis d'obtenir des mesures dites sociales de faible volume et de peu d'impact.

Les salariés de notre profession ne veulent pas payer la note de la crise financière....


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suite à la parution des résultats
les 5 organisations syndicales de LCL
réagissent
Salaires, emploi,
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Lundi 26 janvier

Le titre s’étalait en gras sur 5 colonnes à la une du Parisien :»Jeudi noir». Inconsciemment, je frémis. Était-ce le froid de ce matin d’hiver sur le quai de mon R.E.R. balayé par un vent glacial? Une sale idée comme une amertume me revint dans le crâne pendant une bonne partie du trajet. Puis les mots, les images les sensations, se mélangèrent : crise financière, vent de panique, jeudi 24 octobre 1929, jour maudit. En ce

lundi 1er jour d’une semaine de mobilisation nationale, générale et interprofessionnelle, les médias officiels

sortent enfin de leur omerta. Et jouent sur nos peurs, incidemment. Plan de communication anti-émeute, acte I, faire des organisations syndicales les co-responsables de la crise actuelle.


Mardi 27 janvier

Sarkozy à Châteauroux, Fillon au Palais - Bourbon, tous deux sont «inquiets comme tout le monde» et comprennent «que dans une démocratie on manifeste ».

Plan de communication, acte II, dans une forte houle le capitaine Sarko tient ferme la barre. Et garde le cap (des réformes), renchérit le second Fillon. Ah bon? Et le recul sur la réforme des lycées ou du travail du dimanche, c’est toujours la même route? De sacrés «navigators» alors, à moins que le compas

gouvernemental ne se soit déréglé sous les coups de grisou des bourses.


Les discussions dans mon R.E.R. Vont bon train. «Dans mon service tous ont posé un jour RTT», raconte l’une. «A la Société Générale, ils ont sorti un appel général à la grève», lui répond l’autre.

Détenteur d’un pass Navigo, je reçois un mail de Transilien SNCF m’informant des prévisions de trafic pour le jeudi 29 janvier. Un R.E.R. toutes les demi-heures à peu près aux heures de pointe. Je m’en fous, j’irai à Paris en vélo, rejoindre la manifestation. Jeudi noir ? Journée verte !


Mercredi 28 janvier

J-1. Plan de communication, acte III, le désamorçage, les secrétaires nationaux des confédérations syndicales seront reçus vendredi à l’Elysée. On prévoit une forte mobilisation jeudi dans toute la France. Les RG ont dû passer par-là. Dans ma boîte, quelques coups de fil de collègues qui veulent savoir comment se déclarer gréviste. Nous avons relayé l’appel unitaire des fédérations Banque et des syndicats Cgt

et UGICT Cgt. Pourtant, nous étions encore les seuls à distribuer un tract hier midi à l’entrée de la cantine. A la radio, les pros et les anti grèves ont envahi les ondes. «Du travail, il y en a en France. Dans mon entreprise, on cherche deux femmes de ménage et on n’en trouve pas! Pourquoi? Parce qu’il faut se lever tôt le matin ou venir tard le soir après les heures de bureau. Alors, personne ne vient!». «Mais comment

voulez-vous que l’on dise que ça va bien quand tout va mal» lui demande l’animateur radio. «Ben ça, je ne sais pas moi. J’ai pas la solution à votre question. Mais regardez les Américains, est-ce qu’ils manifestent eux?».


Jeudi 29 janvier

Jour J. J’y suis! Un beau soleil illumine cette place de la Bastille où les délégations arrivent à flux tendus. Il est 14 heures et le cortège est encore loin de s’ébranler. Les marches de l’opéra sont envahies de monde. Dire que c’est précisément là où on s’était donné rendez vous ! L’ambiance est chaleureuse et enjouée, il y a un je-ne-sais-quoi de léger et de festif dans l’air. On se croirait au printemps et personne ne semble avoir froid, pas même ces filles en débardeur ou ce jeune en short et ticheurte qui vient de se hisser sur

l’abri bus. Il y a là les militants de toujours, vieux guerriers de tous les combats, mes camarades militants de la première heure qui n’auraient manqué ce rendez-vous pour rien au monde.


Mais ce sont surtout les jeunes qui attirent l’attention. De petits groupes d’étudiants bruyants, rassemblés sous la bannière chiffonnée de leur lycée ou d’un slogan inventé à la hâte, ceux-là étaient déjà dans la rue contre la réforme Darcos. Assis par terre, certains improvisent une session de djembé et les filles ébauchent des pas de danse. Deux groupes se retrouvent face à face et se lancent des slogans dans une sorte

de joute verbale. A côté, les jeunes profs venus manifester pour les mêmes raisons qu’eux ne s’intéressent pas à leurs jeux. Ils portent des minis panneaux avec des slogans écrits en anglais : « I am a teatcher ; I am not a number ». Peut être à destination de CBS ?


Plan de communication, acte IV

Noyer le poisson dans l’eau. Dans les médias officiels, des émissions, reportages spéciaux et débats vont tenter d’effacer le succès de cette journée. Un succès à mettre au crédit des organisations syndicales dont ces mêmes médias avaient annoncé la fin de la représentativité au lendemain des élections prud’homales. Quand on veut tuer son chien . . . . . . . .


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